« Les gens qui osent m’inspireNT »

#Portrait d’entrepreneur : Maude Baudier, fondatrice de Print Your Race

Maude Baudier, sportive passionnée, blogueuse et serial-entrepreneuse à 27 ans, partage son expérience d’entrepreneur, notamment avec la création de son entreprise, Print Your Race, qui vous permet d’immortaliser vos défis sportifs sur des affiches déco, depuis maintenant un an et avec déjà plus de 500 clients.

Bonjour Maude, ton histoire jusqu’à aujourd’hui, ça donne quoi ?

Je dirais que j’ai eu plusieurs vies (rires). J’ai commencé par un poste en marketing dans le luxe, puis j’ai été business developer pour des start-ups dans le digital avant de devenir chasseuse de têtes, dans le digital encore. J’ai ensuite créé un blog sur la mode, la beauté, le sport et les voyages. J’ai créé ma seconde entreprise avec Print Your Race et je développe actuellement la troisième avec Les Bornées Digital Company. Du côté perso, je suis très sportive et hyper-active.

Qu’est-ce qui t’a poussée à entreprendre ? 

Au cours de mes expériences professionnelles, j’ai compris que beaucoup d’éléments ne me convenaient pas dans le fait d’être salariée, notamment le management auquel j’étais confrontée, la loi du présentéisme très instaurée en France ou encore l’aspect très politique de l’entreprise. Beaucoup se réorientent parce qu’ils ne se plaisent plus dans leur travail. Pour moi, ce n’était pas le contenu de mon travail qui ne me correspondait pas, mais plutôt l’environnement. L’entrepreneuriat était synonyme de flexibilité. J’ai eu une idée d’entreprise qui correspondait aux compétences que j’avais pu acquérir et cela m’a convaincue de me lancer.

Comment as-tu financé tes premiers mois ?

J’ai toujours travaillé depuis mes 18 ans, de petits boulots étudiants jusqu’à des CDI en temps partiels. J’ai donc cotisé des droits au chômage pendant près de 9 ans qui m’ont permis de me lancer dans l’entrepreneuriat sans avoir de boule au ventre.

Depuis ton lancement, quelle a été l’opération ou l’action la plus efficace pour faire connaître ton entreprise ?

C’est une opération influenceurs pour qu’ils parlent du produit que j’avais créé. Je connaissais déjà beaucoup d’influenceurs en faisant partie du monde du running, certains étaient même des amis. J’ai agrandi ce cercle en contactant de nouveaux influenceurs, cette fois plus en lien avec mon produit. Je leur envoyais une affiche de leur marathon et ils communiquaient dessus. C’est d’ailleurs grâce à cette expertise sur les influenceurs que j’ai eu l’idée de ma seconde entreprise !

Comment as-tu convaincu tes premiers clients ? 

Aaah… je n’ai pas vraiment eu besoin de les convaincre. Les clients sont venus à moi (rires). Après mon premier marathon je voulais un souvenir. J’ai dessiné le parcours du marathon sur une affiche et j’ai posté la photo sur Instagram. Beaucoup de personnes m’ont contactée pour me demander où je l’avais acheté, ce qui m’a donné l’idée de créer Print Your Race.

Quels sont les 3 KPIs que tu suis le plus dans ton activité ?

Sur la partie réseaux sociaux, je regarde l’engagement : le « reach ». Sur le site, je regarde la tendance d’activité, les pages les plus consultées pour connaître les courses qui plaisent le plus et ensuite, le chiffre d’affaire pour analyser les mois forts, les mois creux, etc…

Combien de temps consacres-tu à l’analyse de ton activité ? 

Aujourd’hui, les outils sont tellement bien faits qu’ils me permettent d’analyser très rapidement ce qui se passe sur mon activité. Etant donné que je suis mon propre patron, je n’ai pas besoin de faire de reporting donc, en dix à quinze minutes par jour, j’arrive à avoir un point de vue global sur ce qui se passe sur mes réseaux sociaux et sur mon site.

Comment réagis-tu en cas de baisses de commandes ?

Avec Print Your Race, les commandes dépendent très fortement du calendrier des courses. C’est un paramètre sur lequel je ne peux pas agir. Je peux éventuellement utiliser les opérations influenceurs pour booster les moments de creux, mais cela reste une activité très volatile.

Et comment gères-tu les gros pics de commande ?

J’ai automatisé beaucoup de process. Par exemple, je ne gère plus les expéditions. Je travaille avec une start-up qui est spécialisée dans l’expédition. Cela m’allège une dizaine/vingtaine de minutes par colis, donc c’est énorme. L’impression est faite par un partenaire que je vais voir deux à trois fois par semaine selon les commandes et je récupère tout d’un coup donc j’économise du temps. Plus tard, l’idée sera d’engager une personne pour gérer la partie « mise sous cadre » et faire l’intermédiaire entre l’impression et l’expédition. Cela me permettra de déléguer cette partie production pour me consacrer pleinement au marketing et à la communication.

Ces partenaires, comment les as-tu sélectionnés ?

En regardant les partenaires locaux et les startups. Pour ce qui est du matériel, j’essaie de toujours choisir des productions françaises. J’ai noué un partenariat avec un imprimeur à côté de chez moi. Je repère les startups grâce à des newsletters, aux réseaux sociaux, au bouche-à-oreille et parfois, ce sont eux qui me contactent.

Tu travailles seule, est-ce que tu ne ressens pas la solitude ?

Non, vraiment pas, parce que j’ai toujours des appels, des entretiens, des déjeuners. Comme j’ai plusieurs entreprises, j’ai plusieurs sujets différents et je rencontre des personnes très différentes.

« Je reste toujours sceptique sur l’association parce qu’il y a une différence entre bien s’entendre avec quelqu’un et bien travailler avec. Il faut être sûr d’être capable de travailler ensemble, sans non-dits et en sachant gérer intelligemment les zones de conflit. »

Pourquoi as-tu choisi de ne pas t’associer ?

Pour Print Your Race, je n’en ai pas besoin. Les partenariats fonctionnent très bien. Pour la dernière entreprise que je viens de créer, je m’associe avec une personne en qui j’ai confiance et avec des compétences complémentaires aux miennes. Je reste toujours sceptique sur l’association parce qu’il y a une différence entre bien s’entendre avec quelqu’un et bien travailler avec. Il faut être sûr d’être capable de travailler ensemble, sans non-dits et en sachant gérer intelligemment les zones de conflit. Malheureusement, cela n’est pas le plus simple dans les relations humaines. Lorsque tu es seule, le problème ne se pose pas (rires).

Auprès de qui trouves-tu conseil ?

Mon entourage. J’ai beaucoup de personnes qui ont déjà monté des boîtes, qui ont bossé dans des start-up donc je les contacte à la moindre question.

Comment gères-tu ton organisation entre sport et travail ?

Il faut beaucoup, beaucoup d’organisation. Il faut être capable de se structurer. Tout est millimétré. Ma seule solution pour tout faire est d’être carrée et ne pas me laisser déborder. Je bloque des créneaux en dédiant à chaque action un temps de travail. Même si elle n’est pas terminée au bout de ce temps, je passe sur un nouveau thème. Cela m’oblige à être efficace. Toute la partie sociale est aussi intégrée dans mon emploi du temps. Lorsque l’on fait beaucoup de sport, les soirées sont déjà bien remplies. L’organisation permet de continuer à avoir une vie sociale et de ne pas être complètement submergée.

« Au début de mon aventure, cela a été très difficile de réussir à faire comprendre aux gens autour de moi en quoi consistait mon travail d’entrepreneur et que non, je ne restais pas en pyjama toute la journée à regarder des séries. »

Quel est ton plus gros échec en tant qu’entrepreneur ? 

Je ne sais pas si je peux considérer cela comme un échec, je dirais plutôt ma plus grosse difficulté. Au début de mon aventure, cela a été très difficile de réussir à faire comprendre aux gens autour de moi en quoi consistait mon travail d’entrepreneur et que non, je ne restais pas en pyjama toute la journée à regarder des séries (rires).

Quelle est ta plus grande force?

C’est ma capacité à rebondir. Lors de mes débuts, quelqu’un a pris toutes mes idées et a contacté les mêmes blogueurs que moi pour se faire connaître. J’aurais pu m’avouer vaincue, mais j’ai préféré réfléchir à une autre option. J’ai donc choisi de faire des partenariats spéciaux avec des startups françaises afin d’augmenter les barrières à l’entrée sur mon domaine et cela a payé !

Qu’est-ce qui t’a rendu la plus fière jusqu’à aujourd’hui ? 

Ce sont les personnes externes au projet et qui néanmoins y croient. J’ai créé ce projet pour répondre à un besoin et la reconnaissance de mes clients me donne la motivation de continuer.

Si tu pouvais recommencer, qu’est-ce que tu changerais ? 

Je changerais les personnes qui m’ont accompagnée au début du projet. J’avais pensé intégrer mon copain à l’époque et heureusement, je ne l’ai pas fait parce que j’avais senti une différence d’investissement. Je me suis rendu compte qu’entre le perso et le pro c’est très différent et qu’on ne travaille pas forcément bien avec ses amis ou ses proches. Moi je ne le recommande pas, même s’il y a toujours des exceptions évidemment. Du coup, je serais très exigeante sur les personnes à intégrer et je prendrais mon temps avant de recruter.

Le truc le plus fou que tu aies fait ?

Le défi sportif de réaliser le marathon de Paris ! Un autre défi dont je suis très fière est mon projet « Les Bornées » avec mon amie Vanessa. L’objectif est de démocratiser, féminiser et digitaliser le cyclisme en France. Nous allons réaliser 170 km pour 4000m de dénivelé positif sur l’Étape du Tour de France 2018 afin de relier Annecy et le Grand Bornand.

Comment t’es venue l’idée de ce projet ?

C’est venu d’une réflexion d’une personne disant que les femmes sur un vélo, cela n’était pas forcément logique et qu’elles n’avaient pas la capacité de faire certaines épreuves. Je me suis dis que cela valait le coup de lancer un projet de féminisation du cyclisme et d’intégrer des gens dans le projet pour qu’ils le portent avec nous.

« Je considère l’échec comme faisant partie de l’apprentissage. »

Est-ce que tu as peur de te tromper ?

Oui bien sûr, que cela soit au niveau pro comme perso. C’est normal d’avoir peur de prendre une mauvaise décision, mais cela fait partie de la vie d’entrepreneur. Je considère l’échec comme faisant partie de l’apprentissage.

Qu’est ce que tu ferais si tu n’avais pas peur?

Aha… rien je crois. C’est la peur qui nous entraîne. Pour autant, c’est bien d’être réfléchi, de prendre du recul sur les situations et de peser le pour et le contre.

Ta vision de la réussite, c’est quoi ? 

Lorsque l’on peut subvenir à ses envies et ses besoins tout en aimant notre vie, faire des choses qui m’intéressent en ayant une bonne qualité de vie.

La boite idéale que tu voudrais créer ? 

Idéalement je souhaiterais avoir 2, 3 entreprises pour pouvoir apprendre tout le temps. Je m’ennuie très vite et j’ai besoin de changements. Je cherche également à m’entourer de gens qui me font grandir. Enfin, je voudrais la liberté de changer de lieu. En trois mots : flexibilité, challenge intellectuel et partage humain.

« Tout le monde ne peut pas être entrepreneur : il faut aimer le risque, savoir se remettre en question, être créatif, se challenger. C’est une façon de voir les choses et de penser. »

Pour toi, tu nais entrepreneur ou tu le deviens ? 

Pour moi, on devient entrepreneur de par notre personnalité. Cette personnalité, elle se forge tout au long de nos expériences. Tout le monde ne peut pas être entrepreneur : il faut aimer le risque, savoir se remettre en question, être créatif, se challenger. C’est une façon de voir les choses et de penser.

En dehors de toute logique économique, si tu pouvais créer quelque chose de non rentable, qu’est-ce ce serait ? 

Cela serait quelque chose dans la féminisation, comme développer des « talks » à propos de femmes inspirantes, par exemple des sportives. Mon but serait de sensibiliser les hommes et les femmes à la non différence entre les sexes en terme de reconnaissance, d’accès. Dans le cyclisme, un top primé peut gagner 40 000 euros en faisant un podium quand une femme va gagner 200 euros. Ceci est lié aux sponsors. L’objectif serait de montrer que les femmes et les hommes sont capables des mêmes choses, même si cela est à niveau différent.

Quel est le meilleur conseil que l’on t’ai donné ?

De ne jamais lâcher.

Le pire ?

De rentrer dans les cases, d’être « un gentil soldat ».

« Je suis inspirée par les gens qui osent, qui sortent de la norme, qui suivent ce qui les rend heureux et sont capables de changer de vie. Cela me rassure de voir que c’est possible ! »

Si tu étais assis là avec ton « toi » d’il y a 10 ans, qu’est-ce que tu lui dirais ?

Alors, j’avais 17 ans… A cette époque je voulais être une sorte d’Anna Wintour. Je lui dirais « Tu vas bien déchanter. Tu vas te prendre des baffes, des désillusions, mais tu auras beaucoup de rebondissements dans ta vie qui vont te forger, alors ne fais pas trop de plans sur la comète. »

Continuons le voyage dans le temps : où souhaiterais-tu être dans un an ?

J’ai un nouveau projet d’entreprise donc je souhaiterais qu’il soit développé. J’aimerais avoir plus voyagé, découvert, tout en résolvant les contraintes liées au travail. Et enfin, je souhaite avoir rencontré des gens inspirants et potentiellement avoir pu inspirer des gens moi-même.

En quoi consiste ce nouveau projet ?

Il s’agit de l’entreprise, Les Bornées Digital Company, avec mon associée Vanessa, qui permet aux entreprises de mieux gérer leur marketing d’influence grâce à un service personnalisé de communication digitale et d’accompagnement influenceurs.

Comment vas-tu gérer tes trois entreprises ?

En automatisant tout ce qui est possible. Pour le blog, j’ai des contributrices, c’est-à-dire des personnes qui rédigent et participent à des évènements, ce qui m’allège. Pour Print Your Race, je vais également automatiser au maximum pour avoir le moins de tâches manutentionnaires à faire et n’avoir à gérer que la communication.

Quelles sont les personnes qui t’inspirent ? 

Mes proches et les personnes qui m’entourent au quotidien. Je cherche à m’entourer de personnes positives et de faire le tri des gens négatifs ou qui sont dans la critique permanente. Inès Leonarduzzi m’a beaucoup inspiré avec ses « Brunch by Inès ». Je l’admire car elle entreprend plein de choses. En général, je suis inspirée par les gens qui osent, qui sortent de la norme, qui suivent ce qui les rend heureux et sont capables de changer de vie. Cela me rassure de voir que c’est possible ! (rires)

Des lectures qui t’ont particulièrement marquées ? 

Une lecture m’a particulièrement aidée à comprendre pourquoi je ne m’adaptais pas au monde de l’entreprise : « Je pense trop » de Christel Petitcollin. Cela m’a ouvert les yeux et rassurée.

La clé de ton succès ?

En trois mots : la persévérance, la créativité et la force de conviction.

« Est-ce qu’il faut forcément être à Paris pour développer sa boîte ? Je dirais oui et non. »

Quelle est la question que tu aurais souhaité que je te pose?

J’aurais aimé une question sur la localisation : est-ce qu’il faut forcément être à Paris pour développer son entreprise ? Je dirais oui et non. Pour certaines, oui, mais me concernant, je peux travailler n’importe où. Je n’aime pas me conformer à une localisation. Avec mon associée, Vanessa, nous sommes parties travailler en Guadeloupe et nous avons été beaucoup plus efficaces car beaucoup moins stressées. Cela permet d’être plus inspiré, de s’ouvrir à d’autres choses. Et je pense que ça va être un gros problème pour les entreprises si elles ne s’adaptent pas à cette envie de mobilité de la part des nouvelles générations.

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